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Le leadership, une qualité innée ?

Publié le 23/09/2021

Dans le monde du travail d’aujourd’hui, s’il y a bien une qualité qui anime les débats c’est le leadership ! A l’heure où les « petits chefs » sont mis de côté, on commence à différencier les chefs des leaders. Le monde du travail n’est plus celui d’il y a 100 ans ! La seule hiérarchie ne suffit plus à se faire écouter.

Aujourd’hui, le marché du travail a énormément évolué sur bien des aspects. La mobilité est plus importante. Les sollicitations des employeurs sont plus fréquentes. Des spécialistes du recrutement sont apparus. Tout cela crée de nouvelles tendances. Les employeurs cherchent désormais chez le salarié des compétences intrinsèques, celles que nous appelons les « soft skills ».

Parmi celles-là, la capacité à être un bon leader est particulièrement appréciée car la hiérarchie ne suffit plus pour manager. Les nouvelles générations ont besoin de voir dans leur N+1 une légitimité qui ne provient plus de son titre. Cette légitimité peut provenir de sa capacité à être ou devenir un leader.

Leadership?

On pourrait définir le leadership comme l’influence qu’exerce un individu sur un groupe d’individus. Le leader c’est celui qui dispose de compétences lui permettant de se distinguer du groupe. On voit souvent le leadership être associé à certaines qualités telles que: 

Certains auteurs auront donc tendance à dire que le leadership est inné et qu’il est avant tout associé au charisme. Effectivement, le charisme n’est pas réparti de la même façon chez tout le monde. Nous devrions alors être en mesure de définir entre deux individus, le plus charismatique des deux non ?

Et bien, saviez-vous que des enfants de 5 ans, sont capables de prédire avec 71% de réussite, le vainqueur d’une élection ?

Charisme et leadership…

Des chercheurs de l’université de Princeton aux Etats-Unis ont réalisé une expérience visant à étudier les liens entre le leadership et le charisme. Ils ont montré des photos de candidats aux élections américaines (congressmen ou sénatoriales) à un panel d’individus « naifs » (sans compétences politiques spécifiques et ne connaissant ni les candidats ni leurs programmes). Ces photos étaient de simples portraits en noir et blanc, sans logo, sobres. Elles étaient présentées par deux avec toujours un démocrate et un républicain.

Aucune information sur le niveau de richesse du candidat ni sur sa présence plus ou moins importante dans les médias. Dans 70% des cas, le panel choisissait le candidat qui avait effectivement gagné.

Pourtant les réels votants, eux, disposaient de beaucoup plus d’informations sur les candidats. Notamment le parti, la richesse, le programme et les convictions (pro ou anti-armes, pro ou anti gay, pro ou anti God etc.). Le fait que le panel « naïf » parvienne aussi bien à déterminer le gagnant montrerait que les vrais votants sont biaisés par ce qu’ils voient.

L’expérience avait beaucoup de variables, notamment le temps laissé au panel pour choisir un candidat (2 minutes, 30 secondes ou 2 secondes), l’âge des individus composants le panel (adultes, adolescents, enfants), ou leur nationalité. Malgré cela, les conclusions étaient toujours les mêmes.

Dans une suite à cette expérience, il a été demandé au panel : « d’après-vous, qui vous semble le plus compétent, le plus intelligent, un bon leader ? ». Le panel faisait un premier choix parmi une sélection de candidats. Après avoir été informé du parti et des opinions politiques de ces mêmes candidats, le panel a pu voter à nouveau. 97% des individus du panel n’ont pas modifié leur premier choix.

Des études chez les plus jeunes

John Antonakis, chercheur suisse, a réitéré l’expérience en 2008 en demandant à de jeunes étudiants de choisir qui leur semblait être le meilleur candidat de second tour pour les élections législatives françaises de 2002. Pour cette expérience, les étudiants devaient se prononcer sur une élection qui s’était déroulée dans un autre pays que le leur alors qu’ils n’avaient que 10–11 ans. Ces conditions permettaient de réduire au maximum l’influence causée par la présence médiatique des candidats. 

Ecoutez John Antonakis lui-même parler de la science du charisme dans ce podcast gratuit:

Pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’autres biais, lors de l’expérience, il n’a été donné que des binômes dont le candidat sortant a perdu son poste. Ici aussi, 71% des individus du panel a choisi le candidat qui avait effectivement gagné l’élection.

Il semble alors possible qu’une part du leadership soit innée. La question fut également posée à de jeunes enfants sous la forme d’un jeu où il leur était demandé qui ferait le meilleur capitaine pour leur navire. Leurs choix furent identiques à ceux des adultes.

D’autres études encore consistaient à montrer des photos de femmes à des bébés. Des femmes et non pas des hommes car les bébés sont plus réceptifs, sensibles aux visages féminins.  Deux photos leur étaient présentées dont l’une montrait une femme au visage particulièrement harmonieux. Les bébés choisissaient systématiquement cette photo.

Que retenir de tout cela ?

Ces résultats vous étonnent ? Cela veut-il dire que les choix des électeurs sont irrationnels et ne sont que le fruit du leadership ?

Non, les électeurs font bien des choix rationnels mais il arrive souvent que sur des choix binaires la rationalité rejoigne le leadership.

Prenons l’exemple des élections américaines de 2016. Les électeurs ont dû choisir entre Donald Trump et Hillary Clinton. Sans tenir compte du mode de scrutin dans les élections aux USA (le poids des grands électeurs), Hillary Clinton a obtenu 51,2% des suffrages. Peut-on en déduire qu’elle semble avoir plus de leadership ? Un visage plus symétrique ?

En fait, cette étude ne fonctionne que s’il existe un certain détachement vis-à-vis du scrutin. Ce qui n’est pas possible lors d’élections présidentielles car à ce moment, les idéologies de chacun rentrent en jeu.

Néanmoins, 71% de corrélation entre les choix des enfants et les choix des adultes informés voudrait dire qu’il reste 29% de place à la rationalité. Mais ce n’est pas aussi simple car dans la réalité du vote, il y a également le vote par défaut, le vote qui ne vise qu’à diminuer le candidat adverse sans signifier son soutien au candidat choisi.

Le leader, un manager ? 

Le leader peut disposer, ou non, d’une fonction de management au sein de l’entreprise. Le leader se différencie avant tout du manager par cette forme d’autorité naturelle. Quand le manager s’impose par sa fonction, le leader s’impose par son charisme. Sa personnalité et son pouvoir d’influence génèrent confiance, adhésion et sentiment d’appartenance. C’est pourquoi un leader sera davantage suivi par les collaborateurs de l’entreprise, même lorsqu’il sort du cadre fixé par la direction.

Rassurez-vous, le leadership n’est pas une qualité immuable. Elle se travaille, se forge à mesure qu’augmente notre propre légitimité et que notre confiance en soi progresse.

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